mercredi, juin 20, 2007

parti democratique ahwazi(arabistan)


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la masacre de la minorité arabe en iran en 1979 debu la revolution islamique en iran


Alors que l’Iran proclame les résultats de nouvelles élections bidons prétendument présentées comme démocratiques, une photographie prise il y a 26 ans rappelle la face hideuse du régime.Ce cliché qui obtint- le prix Pulitzer était resté anonyme. L’auteur fort opportunément est sorti de l’ombre. L’histoire qui suit, narrée par Joshua Prager est traduite du Wall Street Journal :« Le 27 Août 1979 deux files parallèles de 11 hommes se formèrent dans un champ de terre à Sanandaj en Iran. Un groupe avait les yeux bandés, ceux de l’autre groupe tenaient des fusils. L’ordre de faire feu fût prononcé en Persan : « Atesh ! » En arrière des soldats vers la droite un douzième homme suivit l’ordre, mais à l’aide de son Nikon et de sa pellicule Kodak noir et blanc, il figeait l’instant de cette exécution de masse.Quelques heures plus tard, la photo était imprimée sur 6 colonnes d’Ettela’at, le plus ancien journal d’Iran. En quelques jours, elle était publiée à la une de la presse dans le monde entier. Quelques semaines à peine s’écoulaient avant que le nouveau gouvernement Iranien ne prenne le contrôle de l’audacieux journal. Quelques mois plus tard enfin la photo emportait le prestigieux prix Pulitzer.Cette photo saisie 7 mois après que les Islamistes radicaux eurent chassé le régime du Shah soutenu par les États-unis, nous renvoie une des images les plus fortes de l’Iran des mollahs.Icône d’un gouvernement de terreur elle est évoquée par de nombreux critiques du régime. Depuis le poème « Cri » en 1979, jusqu’au clip vidéo de 1986 « Speak To Me From My Land, Iran » et au livre « Kurdistan » édité en 1997.les frères Davood et Davar Ghassemlouie qui tiennent un commerce de photo à Los Angeles déclare en avoir fait des dizaines de milliers de tirages, dont plus de 200 lors de la récente visite d’Ahmadinedjad à l’Assemblée de l’O.N.U. à New York.Sharokh Hatami, un des pionniers du photojournalisme Iranien, la considère comme « la plus révélatrice des images du début de la révolution Iranienne ».Toutefois s’il est une chose qu’Ettela’at n’a pas dévoilé c’est, par égard pour sa sécurité, le nom du photographe. Le prix Pulitzer fût officiellement décerné à « un photographe anonyme d’United Press International », l’agence qui distribua la photo aux États-unis. C’est l’unique fois que le prix fût attribué à un récipiendaire anonyme.Dans les années qui suivirent plusieurs personnes tentèrent de revendiquer la paternité de l’image. Des rubriques nécrologiques l’attribuèrent à un célèbre photographe Iranien disparu en 2003. En septembre dernier le magazine Paris-Match citait un autre photographe Iranien qui revandiquait à son tour le cliché.Bientôt trois décennies après que l’épreuve n’ait fixé l’instant tragique de l’exécution, presque personne ne connaît son auteur.Jahangir Razmi a grandi à Arak, une ville du centre de l’Iran, fils d’une femme au foyer et d’un militaire. Enfant timide, il était heureux d’aider son cousin au magasin de photo local à développer des clichés et à photographier mariées et soldats. En 1960 à l’âge de 12 ans il s’acheta un appareil russe, un Lubitel-2.Il en fit rapidement bon usage, par exemple en photographiant une fille assassinée devant la boutique. A la mort de son père, Mr Razmi trouva un emploi dans une boutique de photo de Téhéran. Photographe de l’anniversaire d’une jeune femme de 20 ans, celle-ci devint son épouse.Ettela’at l’engagea en 1973 comme photographe d’information. Attentif à la composition au « chiroscuro », le jeu entre l’ombre et la lumière, il était toujours prêt pour aller en reportage, « J’étais jeune, rapide et plus audacieux que les autres…. »Le 16 janvier 1979, le Shah quittait l’Iran sous la pression de manifestations de masse. Seize jours plus tard, l’Ayatollah Khomeiny, un Islamiste radical rentrait de France et s’emparait du pouvoir.A l’aide de son Nikon automatique, Mr Razmi chroniqua le passage de l’Iran d’une autocratie à une théocratie. A Qom au « quartier général » de l’ayatollah ; Jahangir Razmi fit si souvent des photos de l’Imam, que celui-ci qu’il prit l’habitude de lui serrer la main.En août 1979, près de 500 soi-disant « contre-révolutionnaires », officiels de l’ancien régime avait déjà été exécutées. Critiquer l’islam et les chefs spirituels de l’Iran fût déclaré illégal. Le journal Kayhan, principal quotidien, devint propriété d’une holding formé dans l’orbite du régime. Les journalistes pourtant habitués à s’opposer à la censure du Shah étaient pétrifiés.« Sous le régime de Khomeiny on vous tuait purement et simplement », raconte Amir Taheri, à l’époque éditeur de Kayhan, aujourd’hui en exil en Grande-Bretagne. « C’était un tout autre jeu que sous le Shah.»Le 16 Août, Khomeiny envoya l’armée réprimer les Kurdes qui réclamaient leur autonomie. Jahangir Razmi et un reporter, Khalil Bahrami suivirent les troupes, comme envoyés d’Ettela’at.Quelques jours plus tard Khalil Bahrami apprit qu’un juge de sa connaissance était censé juger des Kurdes dans l’enceinte de l’aéroport de Sanandaj, la capitale du Kurdistan iranien.Là, Jahangir Razmi et Khalil Bahrami purent voir dix hommes les mains attachés assis sur un banc, tandis qu’un onzième prisonnier blessé était allongé sur un brancard.Khalil Bahrami, se souvient que le juge, religieux à la barbe noire dénommé Sadegh Khalkhali, ôta son turban, puis ses chaussures et ayant mis prit ses aises, contemplant les prisonniers derrière ses lunettes, il leur demanda leurs noms, avant de les accuser de trafic d’armes, d’incitation à des émeutes et de meurtre. Les prisonniers, hommes de gauche ou nationalistes repoussèrent ces accusations.Aucune preuve n’était présentée, il s’agissait dit Khalil Bahrami, « de pures spéculations ». Au bout d’environ une demi-heure le juge déclara les onze hommes « corrompus sur terre, mofsedin fel arz », selon la phrase du Coran qu’il récita avant de prononcer la sentence de mort. Quelques prisonniers pleurèrent. Khalil Bahrami parvint à contrôler la réaction de colère de son ami. « Pour sa chance, j’étais avec lui ce jour-là ! ».Les prisonniers, un bandeau sur les yeux, chacun posant ses mains sur l’épaule de celui qui le précédait formèrent une file que l’on dirigea à travers l’aérogare puis vers les pistes. Jahangir Razmi qui avait sorti son Nikon, marchant devant, commença à prendre des clichés sans que les soldats ne l’en empêchent.La « caravane » franchit une centaine de mètres, à l’arrière se trouvait Ali Karimi, un garde du corps du juge, portant un pantalon blanc, une chemise blanche, des lunettes de soleil et deux holsters. Puis un officier arrêta la marche et tout les « exécuteurs » sauf un s’attachèrent sur la tête un keffieh. Les visages des Shiites comme les regards des Kurdes étaient maintenant dissimulés.Ali Karimi demanda aux prisonniers s’ils voulaient prononcer leurs dernières paroles. Tous gardèrent le silence sauf un qui pleurait. Modeste vendeur de sandwich, il n’appartenait à aucun parti, mais possédait un revolver et était accusé de meurtre. « Il avait peur ! » se souvient Jahangir Razmi, il ne pouvait plus se tenir debout et les soldats ordonnèrent à un autre prisonnier de le soutenir.Jahangir Razmi s’efforça de ne penser, dit-il qu’à la vitesse et à l’angle de prise de vue. Les soldats mirent les prisonniers en joue, ils se tenaient à moins de deux mètres de distance. Le plus à droite un homme du nom de Naser Salimi employé de l’hôpital de Sanandaj se tenait la poitrine blessée lors de son arrestation.A 16H30, « Atesh ! », l’ordre de faire feu fût donné, onze coups de fusil retentirent, onze corps s’effondrèrent. Tous les prisonniers n’étaient pas morts, Ali Karimi sortit son pistolet et se penchant sur Ashan Nasid, le prisonnier sur le brancard, lui tira une balle dans la tête, puis fit de même avec chaque corps.En quelques minutes des ambulances emportèrent les corps, les personnels de l’aéroport reprirent leur travail et les soldats s’en allèrent. Jahangir Razmi glissa les deux films qu’il avait pris dans une poche de son sac.Quelques heures plus tard, ils arrivaient trop tard à une seconde exécution, puis envoyaient les pellicules à Téhéran en les confiant au steward d’un avion.Au journal Ettela’at le lendemain les photos furent développées, certaines sélectionnées pour publication et apportées à Mohammed Heydari le rédacteur en chef. Celui-ci s’arrêta sur un cliché terrible où certains hommes tombaient déjà morts, tandis que d’autres avaient encore une fraction de seconde à vivre.L’édition du soir allait être lancée, Mohammed Heydari comprit que le pays était divisé sur le meurtre des Kurdes, ainsi que sur la censure. Il décida de publier les photos, quoique pas pour l’édition du Kurdistan, où le cliché aurait été ressenti comme un appel aux armes. « Dans le climat de l’époque, j’avais l’impression que je pouvais me permettre de publier la photo. »Il prit encore une décision, la photo serait publiée sans être créditée pour protéger son auteur.Dès 2 heures de l’après-midi, les kiosques à journaux de Téhéran révélaient l’exécution des Kurdes. La manchette annonçait « Quarante personnes exécutées à Sanandaj, Marivan et Saqqez.»La photo faisait sensation. Sept mois d’exécutions étaient saisis en une image !L’édition entière du journal fût vendue tandis que les représentants de la presse internationale se précipitaient au journal pour acheter des reproductions de la photo.Le premier à le faire fût Sajid Rizvi d’United Press International, ayant commandé une reproduction par téléphone, il était là moins d’un quart d’heure plus tard et repartait avec un cliché encore humide. « Je crois n’avoir jamais vu un cliché aussi émouvant, c’était une photo entre la vie et la mort. » De retour chez lui, il photographia la photo et transmis l’image par Unifax en Belgique au bureau d’U.P.I., d’où elle fût réexpédiée à travers le monde.Quelques moments après le départ de Sajid Rizvi, des agents armés du Conseil Islamique de la Révolution faisait irruption à Ettela’at et pénétraient dans le bureau du rédacteur en chef exigeant que les négatifs leur soient remis, et que Bahrami et Razmi se présentent dès leur retour pour interrogatoire.Le même jour, la photo était envoyée par le bureau de New York d’U.P.I. à des centaines de journaux et publiés dès le lendemain, créditée à U.P.I.Jahangir Razmi était resté au Kurdistan, où il finit par tomber sur une édition du journal avec la photo qui circulait sous le manteau et se vendait au double de son prix. Il ressentit d’abord du dépit en s’apercevant qu’il n’était pas crédité avant de réaliser à quel point ce cliché était dangereux pour son auteur.De retour à Téhéran, Jahangir Razmi se procura une planche contact de 27 photos, ainsi que quelques reproductions et les dissimula chez lui avant de retourner au Kurdistan.Le 9 septembre, le Conseil Révolutionnaire Islamique publia une note : « Nous attirons l’attention sur la photo qui a été publiée à la une d’Ettela’at le 6/6/1358 et dont le public s’est offusqué….. Si cela se produit à nouveau des décisions graves seront prises. »En fait, elles l’avaient déjà été, la Fondation des Déshérités, la holding qui le mois précédent s’était approprié Kayan, le plus grand journal d’Iran, se saisit d’Ettela’at à son tour. En un jour le journal propriété privée depuis 1920 tombait entre les mains de l’État.Convoqué à la prison d’Evin, Razmi ne nia pas être l’auteur des photos, indiquant seulement qu’il avait la permission du juge et qu’il n’avait pas envoyé les photos à l’étranger. Il ne fut pas inquiété.L’image cependant continuait de se propager, un autre reporter free lance Iranien Reza Deghati se procura cinq clichés et les envoya à l’agence SIPA à Paris où Paris Match paya 14 000 francs de l’époque pour illustrer un reportage intitulé « Les Kurdes sous les balles d’Allah ».En Iran, des copies du magazine se vendaient désormais vingt fois le prix et des dizaines d’Iraniens se montraient les clichés désormais crédités Reza (SIPA).Reza Deghati prétend avoir envoyé un communiqué à Paris pour réfuter cette accréditation, sans qu’une trace de cette intervention ne puisse être retrouvée aujourd’hui.Convoqué à la prison d’Evin, Razmi ne nia pas être l’auteur des photos, indiquant seulement qu’il avait la permission du juge et qu’il n’avait pas envoyé les photos à l’étranger. Il ne fut pas inquiété....."