Une intense impasse" (1) [SOUS-TITRE] La chronique de Régine Deforges
Taslima Nasreen est, de nouveau, en danger de mort. Taslima Nasreen nous supplie de venir à son secours. Nous espérons que le premier ministre du Bangladesh qui est une femme, Sheikha Hassina Wajed, entendra cet appel qui, en sa faveur, monte de tous les pays du monde. Alors que le gouvernement de Téhéran vient de se désolidariser de la fatwa qui pèse sur Salman Rushdie (2), Taslima Nasreen restera-t-elle, seule, sous le coup d’une condamnation à mort pour avoir "blessé le sentiment religieux des gens" ? Jusqu’à quand faudra-t-il se battre pour la liberté d’expression ? A l’heure où les libertés reculent à travers la Terre entière, il faut, plus que jamais, se mobiliser dès que des individus se voient poursuivis ou menacés dans leur vie même pour avoir dit, publié ou chanté leur haine de la répression et leur amour de la liberté.
Pendant ce temps-là, dans un ravissant village de Bavière, Rosshaupten, au terme d’une vie bien remplie, un des médecins d’Auschwitz, l’ancien Waffen SS Hans Münch, parle du médecin-chef du camp, Josef Mengele, ce "compagnon le plus sympathique qui soit" dont il ne peut "dire que du bien", et des expérimentations sur les juifs déportés sur lesquels il a "pu faire des expériences qui d’ordinaire n’étaient possibles que sur des lapins". A Auschwitz, on jouissait des "conditions de travail idéales, d’un laboratoire avec un équipement et une sélection de scientifiques de renommée mondiale". Le vieil homme rit en mimant l’agonie des juifs dans les chambres à gaz, mourant dans un bruit qui rappelait "le bourdonnement d’une ruche". Pas un remords et un antisémitisme constant. Parlant des "juifs de l’Est", il dit : "Une racaille abominable. Ils étaient tellement dressés à la servilité qu’on ne pouvait même plus les qualifier d’êtres humains." Le journaliste allemand de l’hebdomadaire "Der Spiegel", Bruno Schirra, est resté stupéfait devant tant d’impudence. Il aurait reçu un très nombreux courrier de différents pays d’Europe, des Etats-Unis même... mais pas une lettre d’Allemagne !.
Lu dans "le Monde" : "Pour l’anniversaire de la fille unique du Prophète, les autorités iraniennes inaugureront, vendredi 9 octobre, à Ahwaz (dans le sud-ouest du pays), un parc public enclos réservé aux femmes." Nul doute que les femmes iraniennes se sont précipitées, nombreuses, soigneusement enveloppées de tissus noirs dans "l’enclos" qui leur est désormais réservé. Les hommes pourront tourner autour de l’endroit comme devant une fosse aux lions et admirer cette espèce que l’on cherche à protéger. Nous nous réjouissons de la libération des femmes dans cette partie du monde...
Je n’irai pas au mariage de Jean-Pierre et de François. Ainsi en ont décidé les députés français : l’Assemblée a rejeté le PACS. Par "électoralisme", une certaine gauche s’est rangée aux côtés de "la France profonde". "Tu ne vas quand même pas voter pour le mariage des pédés ?" Ils n’ont pas eu à voter, ils n’étaient pas là. La majorité a encaissé sa première gifle. Il y en aura d’autres.